Les âmes envolées, par Nicolas Le Breton

31 juillet 2015 par Sylfraor

Couverture par Melchior Ascaride

Couverture par Melchior Ascaride

Sèvres 2014, ça commence à faire loin. Lodael était à St-Malo avec bébé quand décembre pleuvait sur la région parisienne. Comme de coutume, j’ai lu il y a quelques semaines un livre acheté six mois plus tôt.

Lorsque je l’ai rencontré, Nicolas Le Breton ne pouvait que difficilement nier être vaporiste, tant sa tenue était typée, façon conducteur d’aérostat qui aurait été amarré à la toute nouvelle tour métallique de Paris. Et son roman, premier opus d’une histoire dont j’attends la suite, est complètement en accord avec cette première impression. Il s’agit d’un roman steam-punk, paru chez les Moutons Électriques.

Le roman, en dehors d’un prologue autour de la bande à Bonnot, se déroule en 1917, dans une uchronie puisque l’automobile n’a jamais été inventée et que le moyen de transport en progression est l’aérostat (ballon, dirigeable plutôt, porté à l’hydrogène). Comme la date le laisse supposer, les deux camps de la Grande Guerre sont en plein conflit armé.

Le personnage principal est l’ex-préfet Lépine, initiateur du concours du même nom et sorti de sa retraite à la demande de Clémenceau pour une affaire importante impliquant des scientifiques disparus.

De ce point de départ, l’histoire se déroule avec de multiples voyages, aléa, sur terre ou en l’air, mettant en scène des personnages et des lieux variés, à la façon d’un récit de Jules Verne. On y trouve un vieux préfet amoureux, une jeune pilote fougueuse, un horloger-poète face à une société secrète incluant des individus fort peu recommandables accompagnés de soudard qui avaient été déclarés décédés. Bref, ça remue, ça parcourt le globe en se lançant des répliques affirmant le caractère de chacun et c’est bien plaisant. On y ajoute un peu de fantastique et cela rend bien puisque nous acceptons ces éléments aisément ainsi que la torsion de l’histoire.

La fin du livre appelle la suite, clairement, mais nous avons alors déjà beaucoup parcouru le monde à ce moment-là.

L’écriture est propre, pas excessivement littéraire, mais usant bien des ressorts de la langue pour nous immerger dans ce monde que Nicolas nous propose. Il met dans la bouche de ses personnages des mots qui, de mon point de vue, servent à la fois à l’ambiance de l’aventure et à rire des personnages. Le préfet Lépine trouve à mes yeux une semblance d’un Super-Dupont steam-punk, façon de se moquer d’un impérialisme que l’histoire nous présente surtout du côté germain alors qu’il était également français.

En synthèse, il s’agit d’une aventure steam-punk, écrite au niveau de la qualité attendue chez les Moutons Électriques, rythmée et pimentée de personnages attachants, avec un peu de fantastique pour donner la meilleure œuvre du genre que j’ai pu lire.

J’espère que le second tome invalidera la dernière affirmation, bientôt si possible.