Il neige sur Encelade, par Olivier Moyano

7 juillet 2015 par Lodael

Illustration de couverture: Mina M

Illustration de couverture : Mina M

Sur le stand des éditions du Chat Noir, au salon fantastique de l’automne dernier, mes yeux ne pouvaient se détacher de ce chat fascinant, de ses reflets argentés, de sa beauté lumineuse sur le fond noir. Quelle étrange idée, un chat lumineux ! Et ce titre, « Il neige sur Encelade », quel rapport pouvait-il bien avoir avec ce chat ? J’étais bien en peine d’imaginer ce que pouvait receler ce livre, en voyant cette couverture, mais l’objectif était atteint : j’étais intriguée et attirée. Après une petite discussion avec l’auteur, ce livre alla donc rejoindre nos achats du moment.

Il neige sur Encelade est un roman fantastique. Il débute dans le monde bien réel, au travers des paroles d’un petit garçon, Steven, consignées au cours d’entretiens avec un psychologue. Steven vient de vivre un drame, la mort de sa mère et l’emprisonnement de son père, mais son jeune âge l’empêche de totalement comprendre ce qui s’est produit. J’ai tout de suite été attirée par son intelligence et ses propos naïfs, mais parfois étonnamment profonds. Ce mélange de candeur et de trop grande maturité transparaît immédiatement sous son élocution légèrement écorchée. Le lecteur ne peut que se retrouver plongé dans l’histoire, désireux d’en apprendre plus sur ce garçon et son étrange obsession pour les « chats lumineux ». Il en est de même pour son psychologue, Sylvère, qui se trouve irrésistiblement attiré par Steven, par son mystère, par la « brèche » qu’il a cru percevoir en lui parlant pour la première fois.

Le fantastique fait son apparition de façon progressive dans l’intrigue. Lorsque Steven disparaît, l’histoire prend un tournant et Sylvère, de spectateur passif, devient acteur malgré lui. Au cours de sa quête, il rencontrera une « presque descendante » de R-L Stevenson (l’auteur de L’île au trésor et de Dr Jekyll et Mr Hyde) passionnée d’astronomie, une femme peintre aux bras décolorés, un scientifique japonais, un chat, bien sûr… Il se découvrira des ressources insoupçonnées, et devra accepter de laisser beaucoup de choses derrière lui, pour enfin percer le mystère de Steven. Les personnages sont réussis, notamment Steven et Lucie qui ont une vraie profondeur et une personnalité bien dessinée. J’ai trouvé cependant un peu plus difficile de m’attacher à Sylvère, qui se laisse entraîner par les évènements sans résister et accepte un peu trop facilement, à mon goût, ce qui lui arrive.

L’ensemble du roman se lit rapidement et facilement, emportant le lecteur au fil de l’intrigue. S’il existe certaines facilités dans le déroulement de l’action par moments, cela ne gâche en rien le plaisir de lecture. À la croisée du thriller fantastique et du récit initiatique, ce roman est à lire, même si vous n’êtes pas un adepte des histoires de fantasy. Au final, ce livre est, à l’image de sa couverture, intriguant, poétique et lumineux.