Brûlot s’aventure dans la forêt indigo, par Valérie Frances et Mathieu Coudray

8 mai 2017 par Lodael

Voilà un moment que j’avais envie de refaire une chronique pour vous parler de nos coups de cœur dans les livres pour enfants. Pour rappel, nous sommes les parents d’un petit dragonneau de maintenant 2 ans et demi. En tant que grands lecteurs, nous avons évidemment bien fourni la bibliothèque de notre fils. Il me paraît important d’en parler, car ces livres sont la nourriture première de l’imagination et de la construction du monde dès le plus jeune âge. Et l’on ne peut que constater, là comme ailleurs, la grande disparité de qualité entre les meilleures ventes que l’on trouve en vitrine (par exemple l’horrible Peppa Pig, dont, hélas je suis régulièrement contrainte de lire les aventures mal traduites à mon fils suite à un cadeau malheureux) et les livres beaux, drôles et sensibles. Oui, dès le plus jeune âge, on a le droit d’avoir de vrais livres avec de belles illustrations, avec un vrai texte contenant un vocabulaire assez riche (sinon, comment apprendrait-on de nouveaux mots ?) et des histoires qui ont un sens (et non juste une succession de situations sans intérêt). Qui plus est, étant férus de littératures de l’imaginaire, il nous paraissait indispensable d’offrir à notre fils autre chose pour développer son imagination et le faire rêver que des images à base de camions (fussent-ils de pompiers) ou de pères noëls (n’en déplaise à tous les grands esprits qui considèrent que mentir à leurs enfants en leur faisant croire qu’un gros bonhomme vient leur apporter le dernier Playmobil est la condition nécessaire et suffisante au développement de la capacité à rêver de leur progéniture).

brulot-veut-voler-la-haut

Petit dragonneau d’un an et demi découvre avec passion les aventures de Brûlot.

Ce préambule étant passé, je vais donc vous parler de Brûlot le dragonneau, une série de Valérie Frances, illustrée (pour les deux derniers tomes) par Mathieu Coudray. Les deux premiers tomes sont, à ma connaissance, épuisés. Nous avons eu la chance d’obtenir l’un des derniers exemplaires du tome 2, « Brûlot et le louveteau » illustré par Laurence Péguy et paru aux regrettées éditions Argemmios. Le tome 3 s’intitule « Brûlot veut voler là-haut » et raconte la journée d’un Brûlot impatient à qui son père a promis d’apprendre à voler quand il rentrera. Mais Brûlot ne veut pas attendre, et se tourne vers ses amis pour commencer la leçon de vol. Nous rencontrons ainsi Fabulon le griffon, déjà croisé dans le tome précédent, mais aussi un phénix et Pégasé, le cheval ailé. Mais Brûlot affrontera-t-il les harpies sur les sommets, ou bien reviendra-t-il sagement à la maison pour apprendre à voler avec son papa ?

brulot-foret-indigo

Brûlot s’aventure dans la forêt indigo (couverture et illustrations : Mathieu Coudray)

Dans le quatrième tome, récemment paru, Brûlot sait maintenant voler. Il ne rêve que d’aventure et d’explorer des contrées qui lui étaient jusque-là inaccessibles ! Son ami Loupiot ne peut, hélas, pas le suivre, et le voit s’envoler imprudemment loin de la forêt qu’ils connaissent bien. Mais Brûlot, une fois l’émerveillement passé devant les magnifiques arbres qu’il découvre, saura-t-il retrouver sa maison ? Son aventure dans la forêt indigo lui fera faire de nouvelles rencontres avec Chiron le Centaure. Heureusement, celui-ci ramène le dragonneau perdu à ses parents et ses amis qui s’inquiétaient et le cherchaient partout.

brulot-alexandre2

En suivant les illustrations, on peut se raconter tout seul l’histoire de Brûlot !

Ce qui me plaît dans la série des Brûlot, c’est, pour commencer, l’apparition de créatures fantastiques et mythologiques sous une forme attrayante pour les enfants. Les belles illustrations sont à la fois adaptées au jeune public et vraiment artistiques, ce qui est un plaisir pour l’enfant comme pour le parent qui lui raconte l’histoire ! Enfin, le texte est beau et très travaillé, puisqu’il est tout en rimes. Sur ce point, j’avoue que je ne le lis pas encore intégralement et que je simplifie, étant donné que j’ai commencé à lire ces histoires à mon fils à un an et demi alors que le public indiqué est « à partir de cinq ans »… En réalité, très tôt, mon fils a adoré les histoires de Brûlot dont il pouvait se raconter lui-même les aventures en suivant simplement les illustrations. Au fur et à mesure qu’il grandit, je rajoute quelques détails et me rapproche du texte original à la lecture. Toutefois, je ne garde toujours pas l’ensemble des rimes qui rendraient encore, pour l’instant, la narration un peu trop complexe pour son âge. Mais je ne doute pas que Brûlot restera encore plusieurs années dans les livres favoris de la bibliothèque, et que mon fils aura tout le temps de découvrir les subtilités du texte plus tard ! En résumé, je conseille la série des Brûlot à tous les parents d’enfants de un à cinq ans ou plus, désireux de développer leur imagination et de leur proposer de belles histoires, bien écrites et bien illustrées.