Le cycle de Torino, par Arnaud Duval

17 mars 2015 par Sylfraor

Illustration Chabeuh

Illustration Chabeuh

J’ai personnellement découvert la science-fiction dans la bibliothèque paternelle. Les auteurs étaient Asimov et Heinlein principalement et ce sont les livres que j’ai le plus lus et relus (en particulier les Cavernes d’Acier et une Porte sur l’été).

Cette introduction pour expliquer que ma lecture des deux livres d’Arnaud Duval, les Pousses-Pierres et les Ombres de Torino, m’a replongé dans une SF semblable à ces lectures. Je vais parler ici des deux romans, car ils sont la suite l’un de l’autre (et j’espère très fort un troisième Opus pour aller encore plus loin dans le voyage).

Comme les auteurs cités plus haut, ce diptyque nous propose de découvrir les relations entre plusieurs groupes d’humains ayant des cultures et des contextes économiques différents. Sans tout dévoiler, nous avons 3 groupes dont les intérêts divergents : les terriens, les lagrangiens et les pousses-pierres.

ombres_torinoLa situation de la Terre n’est pas brillante et l’auteur ne manque pas de donner une vision critique de la société actuelle par les résultats climatiques, économiques et sociaux. Une famille de terriens va chercher à quitter la planète pour la station spatiale ELoane (L1) située au fameux point de Lagrange. De ce démarrage jusqu’à la fin du second tome, la situation évolue de façon rythmée et prenante, tout en laissant la possibilité de poser, par des descriptions simples et fluides, l’ensemble de son univers.

Nous avons l’occasion de goûter à tous les ingrédients de la SF d’Asimov et Heinlein : un peu de science théorique, un peu d’utopie rappelant la seconde fondation, un peu d’intelligence artificielle, un peu de peur des robots, beaucoup de personnages attachants et quelques vilains. Et en plus, dans mon cas, l’envie de faire un tour dans l’espace dans un vaisseau bricolé et arrangé pour faire un voyage vers la ceinture d’astéroïdes et retour et profiter du paysage.

Ces deux textes sont écrits dans un style simple et ne cherchant pas à ajouter le chant des mots à celui des moteurs de cargo. Certains regretteront, les autres, dont moi, apprécieront de pouvoir dévorer les histoires et retrouver ce plaisir de rêver à ce que nous allions poser le pied sur Mars et au-delà. La seule limite notable, surtout dans le premier roman, est le côté très évident de chaque personnage, peu de surprises à attendre concernant qui est un filou et qui est un honnête homme.

En conclusion, ce sont deux livres d’une science-fiction optimiste qui, sans nier que nous avons du travail pour progresser, nous propose d’aller de l’avant. Je me dis que je devrais racheter les Pousses-Pierres en livre de poche pour mon père, ce serait un juste retour des choses.