Les lames du Cardinal, par Pierre Pevel

20 avril 2015 par Sylfraor

Les lames du cardinalL’œuvre n’est pas sortie hier, mais nous avons longtemps été ignares concernant les auteurs de fantasy francophone, grâce à un monde de la distribution ne nous servant que les très connus anglophones. Heureusement, un parcours nous menant des Elfic 2013 aux Imaginales 2014 nous permet de remédier à ces soucis.

C’est donc à Épinal que nous rencontrons Pierre Pevel et que nous repartons avec le premier tome de la trilogie. Toutefois, je chronique ici le cycle entier, lu dans l’édition intégrale numérique chez Bragelonne, preuve que déjà, le premier tome conduit à la consommation complète (le dealer Pierre sait provoquer l’accoutumance).

Trilogie qui propose une histoire complète, parfois drôle, souvent épique, faite de personnages que l’on n’oublie pas. Cette narration se déroule dans le Paris de Louis XIII et bien sûr du cardinal de Richelieu, le Paris des mousquetaires, des intrigues politiques et des romances. Bref, ça ressemble très fort à l’œuvre célèbre d’Alexandre Dumas, et nous verrons d’ailleurs certains mousquetaires faire un caméo dans le déroulement. Ça y ressemble, mais avec quelques dragons de plus. Car, en plus de l’Espagne, de la ligue, des Pays-Bas et de l’Angleterre et du pape, nous avons d’autres forces nouvelles à la lutte en cet an 1633, celles des dragons.

Que sont les Lames du Cardinal ? Il s’agit d’un groupe d’élite, mené par le capitaine de La Fargue, au service de Richelieu et de son roi, Louis XIII. Richelieu a vieilli, connu la défaite à La Rochelle, mais les lames encore plus. Elles ont connu la disgrâce ces cinq dernières années. Rappelées par le cardinal, elles se reforment et se lancent dans une enquête qui va les mener, de rencontres en croisements de fer, vers des moments épiques tout en nous amenant à mieux connaître chaque membre. Chacun y est détaillé, chacun a son caractère et les interactions entre eux donnent le second relief à cette œuvre, après une intrigue parfaitement mise en place.

L’écriture est sans défaut, dans un style de qualité qui sert le rythme tout en nous donnant à voir un décor riche et complet en plus de l’action, prouesse d’un roman là où le cinéma échoue souvent dernièrement.

Ma collègue de blog (ma femme donc) m’interrogeait sur la pertinence d’ajouter de la fantasy à un roman de cape et d’épée. La question de l’intégration de ces ajouts peut se poser au début du récit. Mais il est évident, par la suite, que l’émulsion prend et que le résultat est tout à fait réussi. Le déroulement de l’aventure est très bien mené, tout en exploitant une connaissance approfondie du cadre historique, notamment Paris, ses rues, ses maisons et ses ponts. De plus, les dragons, qui sont principalement humains extérieurement, sont découverts et sont exploités de façon progressive. Cela permet d’accepter aisément les changements au cadre de l’Histoire.

Voilà, pour moi, un cycle de roman qui se dévore, qui plaira à beaucoup, que l’on soit amateur d’historique ou de fantasy. Tout cela est à la fois rythmé et rempli de personnages parfois épiques et parfois drôles, mais toujours intéressants. Je ne peux que vous recommander d’y plonger également si vous êtes encore aujourd’hui ignare comme je l’étais hier en n’ayant pas encore chevauché avec les lames.