La voix de l’empereur, par Nabil Ouali

24 juin 2015 par Sylfraor

la-voix-de-lempereurCeux qui fréquentent les festivals de littérature, à Sèvre, Épinal, Bagneux ou Paris, ont forcément vu Nabil Ouali. Soit parce qu’il est tout sourire derrière sa table, encore un peu timide dans son rôle de star en dédicace. Soit parce qu’il est pas loin d’un Fabien Cerutti ou d’un Adrien Tomas et qu’ils font des bêtises.

C’est avec un peu de retard que je rédige ces quelques lignes sur son livre qui est sur nos étagères depuis un moment et que j’ai lu fin avril. Pourtant, ce n’est pas parce que je n’ai pas apprécié une œuvre qui est tout à fait réussie, c’est juste que la vie est bien remplie.

La voix de l’empereur est un roman de fantasy, premier volume d’une saga dont j’ignore encore le nombre total de tomes prévus. Le récit se déroule dans un empire fédérant 6 royaumes, chacun ayant une spécialisation économique et politique. Un empereur tient la cohérence de cette alliance, même si l’apogée de son règne est derrière lui et la stabilité politique semble également déclinante.

Le roman parle du destin de quatre acteurs de ce premier tableau, quatre destins particuliers, amenés à interagir au fil d’un récit privilégiant l’intrigue et la narration à l’action. Ces personnages sont bien différents, avec un enfant venu du froid, un jeune prêtre abhorrant son propre clergé, un paladin tâchant d’oublier une faute de son enfance et enfin, le fils de l’empereur.

L’intrigue est prenante, sans concessions pour ses personnages, et elle donne suffisamment au lecteur pour ne pas être trop frustré de devoir attendre la suite pour en savoir davantage.

L’écriture est très bien maîtrisée, usant de changement de personnage, mais en gardant une narration objective, Nabil joue au réalisateur ayant accès à toutes les images, mais choisissant qui est actuellement à l’écran pour donner le meilleur spectacle.

Composition et écriture sont très classiques pour un ouvrage de fantasy. L’influence d’auteurs comme Robin Hobb ou G.R.R Martin est sensible. Le défaut de classicisme est dépassé par la maîtrise du genre et le résultat place la Voix de l’Empereur comme un choix de lecture à proposer aux amateurs du genre comme à ceux qui n’y goûtent que ponctuellement.