L’atelier d’écriture en ligne, par Sophie Dabat

12 novembre 2016 par Lodael

i283726789529252818-_szw1280h1280_Non, ce n’est pas le titre d’un roman. Voici en effet un article un peu particulier, puisqu’il s’agit de faire le compte-rendu, non pas d’une lecture, mais d’une expérience d’atelier d’écriture. J’ai en effet participé, en septembre et octobre dernier, aux ateliers en ligne que propose Sophie (autrice de Sainte Marie des Ombres notamment). De quoi s’agit-il ? Comme pour un atelier « sur site », il s’agit avant tout de stimuler la créativité en proposant aux participants un cadre et un thème sur lequel écrire, ainsi qu’un échange autour du texte produit, d’abord avec l’animatrice puis avec les autres participants. Pour un atelier en ligne, c’est le même principe, mais tout se déroule par mail. Il faut d’abord s’inscrire auprès de Sophie pour l’atelier du mois suivant. Le premier jour du mois, elle envoie à tous les inscrits un déclencheur complet, c’est-à-dire un document dans lequel elle a décrit le thème de l’atelier ainsi que des pistes pour l’explorer, des images, des photographies ou des musiques en lien avec ce thème. Tout cela doit stimuler l’imagination, mais les participants sont naturellement libres d’exploiter certaines parties du déclencheur et pas d’autres, ou de proposer leur propre vision du thème. La temporalité de l’atelier en ligne n’est pas la même que pour un atelier sur site, puisqu’il se déroule tout au long du mois : la première semaine, les participants s’imprègnent du déclencheur et écrivent une première version de leur texte. Celui-ci doit rester un format court, de deux pages environ. La deuxième semaine, l’animatrice lit le texte et fait ses commentaires, à la fois sur la forme (répétitions, style) et sur le fond. L’échange peut avoir lieu en plusieurs allers-retours avec l’auteur. La troisième semaine, celui-ci revoit son texte en fonction des remarques qui lui ont été proposées, et la quatrième, l’ensemble des participants lisent les contributions des autres et proposent leur interprétation et leurs remarques.

Je n’ai jamais encore fait d’atelier « sur site », mais je pense que le travail, lors d’un atelier en ligne, est assez différent du fait de cette temporalité. Le temps effectif de l’atelier, pour produire un texte de cette longueur, est somme toute assez court : quelques heures de travail en tout, avec les échanges et l’écriture. Mais cette durée est étirée sur un mois, ce qui peut permettre une réflexion, une maturation de l’inspiration plus lente. Les échanges avec l’animatrice sont agréables, faciles et nombreux. Le fait de communiquer par email n’est pas un frein au dialogue, car Sophie est disponible et réactive. Les remarques, quant à elles, sont constructives  tout en restant bienveillantes et positives. Des outils objectifs d’analyse de texte sont utilisés, comme la recherche de répétitions, la proposition de verbes plus forts, de formulations plus précises, etc. Mais, surtout, le talent de l’animatrice est de mettre le doigt sur les points faibles, les contradictions, ou les pistes à creuser pour rendre le texte plus fort. Lors des deux ateliers, j’ai constaté une nette progression entre la première version que j’avais proposée à Sophie et la version finale, grâce à ses conseils. La dernière phase de l’atelier est le partage des textes avec le groupe. C’est peut-être là que le fait de ne pas voir physiquement les participants modifie le plus la perception. En effet, j’ai trouvé très intéressant de pouvoir lire les autres textes, et attendu avec impatience ce moment. C’est toujours étonnant de voir qu’un même thème peut provoquer des textes radicalement différents. Il faut dire que les thèmes sont très larges (« le futur », « la joie ») et permettent une large interprétation. L’échange avec les autres est un peu plus délicat du fait que l’on ne connaît pas les autres, et qu’on ne sait pas comment ils vont réagir. Sophie insiste sur le côté bienveillant et respectueux des échanges, ce qui a toujours été le cas dans mon expérience. Pour les deux ateliers auxquels j’ai participés, chacun a envoyé quelques remarques sur le texte des autres sans que cela aille vraiment plus loin. Peut-être que le dialogue se serait poursuivi davantage si nous étions physiquement en présence.

En bref, ces ateliers en ligne sont faits pour vous si vous avez envie de vous mettre à l’écriture sans savoir comment franchir le pas, ou si vous avez besoin d’un coup de pouce pour vous y remettre. Cela permet également d’avoir un retour sur son propre texte d’un œil professionnel et objectif, ce qui est très précieux. Comme tout atelier, le format n’est pas fait pour travailler sur un projet long, d’envergure, mais il permet à l’écrivain en herbe d’affûter ses outils en vue, s’il le souhaite, d’aller plus loin. Pour moi, il s’est agit d’une expérience très agréable et enrichissante, que je retenterai certainement à l’occasion !

Et, pour prolonger ces échanges, voici les deux textes que j’ai produits:

Janus, sur le thème du futur (septembre)

L’enfant-joie, sur le thème de la joie (octobre)